Blockchain : comment établir la confiance sans intermédiaire de confiance ?

La blockchain fait partie de ces technologies qui sont scrutées avec intérêt depuis quelques années. Si elle a connu un gain de popularité en raison de son lien direct avec les cryptomonnaies (c’est par exemple elle qui fait fonctionner le Bitcoin), elle peut aussi s’appliquer dans de nombreux autres domaines. La blockchain, c’est à la fois un changement de paradigme technologique considérable et une évolution du tissu économique et des acteurs majeurs en place. En se substituant aux intermédiaires – souvent installés depuis des décennies, voire des siècles, elle crée un nouveau système d’échange où la confiance est partagée entre tous les participants. 

Demain, on pourrait donc se passer de nos banques, avocats, notaires, assureurs, etc. Et ce n’est d’ailleurs pas pour rien que tous ces acteurs se préparent à inventer un futur désintermédiatisé dans lequel ils veulent toujours avoir un rôle à jouer.

Qu’est-ce que la blockchain ?

Pour faire simple, il s’agit d’une technologie utilisée pour stocker des données. Mais à la différence d’une base de données classique, qui est centralisée et hébergée sur des serveurs publics ou privés, la blockchain est une solution distribuée. Cela signifie que les données stockées ne sont pas hébergées au même endroit sur un même serveur.

Prenons un exemple avec Google Drive. Chaque document hébergé sur le célèbre service de Google est stocké sur l’un des nombreux serveurs du géant américain. C’est la même chose avec Dropbox ou iCloud pour les services d’Apple. Cela signifie qu’il est impossible d’héberger vos données sans passer par un intermédiaire. Il s’agit donc, dans ces cas, d’hébergements centralisés.

Avec la blockchain, le principe est totalement différent. Les données sont regroupées et stockées sous forme de blocs (d’où le nom), sans intermédiaires ni organes de contrôle. Tous ces blocs sont liés entre eux, sécurisés et transparents. Le principe est celui du peer-to-peer, où tous les membres d’un groupe détiennent une partie de l’information. L’hébergement des données repose donc sur un réseau d’ordinateurs et non sur un serveur en particulier.

L’impact de la blockchain sur les intermédiaires de confiance

Aujourd’hui, les intermédiaires sont partout. Nous avons cité Google, Dropbox ou Apple, mais c’est aussi le cas de votre banque qui héberge vos informations bancaires, votre notaire qui a rédigé votre contrat de mariage, ou l’État qui consolide vos informations fiscales, entre autres exemples. Pour utiliser tous ces services, il faut donc accepter de faire confiance à un tiers. Lorsqu’il est fiable ou dit « de confiance », il doit normalement disposer de toutes les protections et sécurités nécessaires pour protéger l’intégrité de vos données. Lorsqu’il l’est moins, vous n’avez aucune idée de ce qui est vraiment fait de vos données personnelles.

La blockchain fait disparaître les intermédiaires. Les utilisateurs peuvent ainsi échanger entre eux de manière sécurisée. Chaque modification de données crée un nouveau bloc sans supprimer l’ancien. Il est donc facile de suivre l’historique des échanges et des évolutions des données pour une traçabilité unique.

Pour mieux comprendre, partons d’un exemple simple : Roger doit 100 euros à Isabelle. Pour régler sa dette, il n’a pas d’autres choix que de passer par un intermédiaire financier qui peut être sa banque, ou une application tierce comme PayPal par exemple. Roger envoie donc 100 euros à PayPal qui va ensuite transférer ce montant à Marie. PayPal certifie que la transaction se passe bien et sécurise l’envoi. Mais ne serait-ce pas plus simple si Roger pouvait envoyer à Isabelle ces 100 euros directement ?

Grâce à la blockchain, les ordinateurs connectés sur le réseau jouent précisément le rôle de tiers de confiance. La transaction ne passe pas par un serveur central (celui de PayPal ou d’une banque) et tous les ordinateurs connectés à la blockchain sont utilisés pour stocker et partager l’information.

La traçabilité des données est garantie, plus aucun évènement ne sera perdu et c’est aussi un moyen d’établir une relation de confiance entre des personnes qui ne se connaissent pas. Ce qui vaut pour une transaction financière vaut aussi pour un titre de propriété, un jugement de divorce, un diplôme universitaire, un outil de messagerie instantanée, etc.

La blockchain n’est pas un mythe, c’est déjà une réalité.

C’est ainsi que Axa vend un contrat d’assurance automatisé couvrant les retards d’avion en se basant sur la blockchain. Dans la grande distribution, Carrefour utilise la blockchain pour suivre la traçabilité de ses poulets d’Auvergne. L’application Share.Place s’en sert pour héberger sa plateforme collaborative qui facilite la communication et les échanges en entreprise.

Autant d’exemples qui soulignent l’efficience d’une technologie qui pourrait bien révolutionner le futur du data management.

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