smart city

Concept ou technologie ? Révolution ou innovation incrémentale ?

La smart city est un sujet porteur qui ouvre de nombreuses portes. Si chaque territoire, organisation et pays voit la smart city différemment, il n’en demeure pas moins qu’elle reste un changement sociétal majeur porté par la transformation digitale. En France, 25 villes sont recensées comme étant des smart cities. Or, 14 d’entre elles ont moins de 250 000 habitants. Une vision agile et empirique qui s’oppose à une démarche systémique. Car, il y a presque autant de façons de mettre en place une smart city que de smart cities elles-mêmes ! Explications.

Plusieurs méthodes, mais des fondamentaux communs

S’il existe de nombreux concepts où les définitions simples font consensus, ce n’est pas toujours le cas de la smart city. Celle-ci est une démarche adaptative selon les visions des porteurs de projets. Une ville qui accueille les services de Uber et AirBnB est-elle une smart city ? Un territoire qui développe la 5G est-il un territoire intelligent ? Une région qui investit sur l’open data est-elle une smart region ? La réponse est invariablement « ​ oui, mais… ​».

Si ses contours sont mouvants, la smart city est avant tout une ambition portée par des acteurs publics et privés. Des personnes et des organisations qui s’impliquent en vue d’un projet d’urbanisme plus inclusif, plus connecté, plus réactif et qui peut avoir un avantage compétitif en termes de développement économique dans un monde toujours plus mondialisé.

Dans son rapport au Premier ministre rendu public au printemps 2017, Luc Belot, alors député de Maine-et-Loire, édicte trois grands principes de la smart city. Trois piliers indispensables pour mettre en place un projet de ville intelligente :

  • Organiser une réelle gouvernance : une structure qui associe élus, administration, enseignement supérieur et acteurs économiques, pour des politiques transversales.
  • Assurer la souveraineté et éviter la privatisation : des enjeux cruciaux pour que les territoires gardent la maîtrise des données, des outils, des applications et des logiciels métiers, en mettant l’accent sur la standardisation et la réversibilité.
  • Garantir une ville inclusive : donner une place à chaque citoyen, sans fracture sociale ou numérique et passer d’une approche centrée usager (user centric) à une approche centrée citoyen (citizen centric).

Le respect de ces fondamentaux est essentiel pour construire et mettre en place un cadre global dans lequel s’intègrent les projets de smart city. Des projets qui varient alors selon les priorités des territoires : open data, wi-fi linéaire public, smart grids, plateforme participative, e-administration, mobilier urbain communicant, etc.

L’approche empirique de la smart city

C’est l’équivalent de la méthode “test and learn”. On créé des projets, on teste, on mesure, on adapte et on avance. C’est une méthode d’apprentissage par l’expérience qui sert à construire des expérimentations afin d’organiser l’évolution de la digitalisation des actifs de la ville. C’est dans cette approche que la ville de Vienne a d’abord mis en place une stratégie smart city avant d’identifier les initiatives visant à satisfaire les objectifs stratégiques, comme l’explique l’IMD et SwissCom dans leur livre blanc.

Le principe rejoint celui des start-up et de la démarche “lean” : un prototypage rapide, une mise à disposition du public cible et une co-construction avant un déploiement à plus grande échelle. Une approche généralement moins coûteuse, plus opérationnelle et qui permet d’impliquer les citoyens dans le projet.

Ce genre de méthode permet de gérer des projets multiples, ayant un impact et un développement sur le court et le moyen terme. Le temps est alors davantage consacré à la mise en œuvre avec un processus décisionnel plus agile.

L’approche systémique de la smart city

De l’autre côté, l’approche systémique intègre un projet de smart city au sein d’un environnement global où chaque interaction peut avoir une incidence sur la bonne réalisation du projet. Une approche qui est généralement privilégiée pour les projets sur le long terme, impliquant de multiples niveaux de responsabilités et dont les enjeux peuvent aller au-delà d’un simple impact fonctionnel.

Pour IMD et SwissCom, c’est notamment le cas de certaines villes comme Copenhague, qui ont commencé par l’identification des défis à surmonter avant de s’attaquer à des projets spécifiques répondant à ces derniers.

L’approche systémique nécessite l’intervention de nombreux experts, une planification longue et un temps de recherche adéquat pour faire mûrir la réflexion. Une approche qui exige une bonne dose d’anticipation dans un monde où la technologie crée autant d’enjeux et de questionnements, que de solutions à des situations vécues quotidiennement par les citoyens.

Révolution urbaine, révolution numérique et défi énergétique : trois défis qui redistribuent la manière de penser les villes en ce début de vingt-et-unième siècle. Des transformations sociétales, humaines et économiques au sein desquelles les smart-cities doivent trouver leur place avec des mises en place efficaces, utiles et à coûts maîtrisés.

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