Covid-19 : comment s’adapte le monde de la supply chain ?

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Coronavirus, covid-19, Sars-Cov-2… quel que soit le nom sous lequel on le désigne, il y a une chose de certaine : ce virus a réussi l’exploit de mettre à l’arrêt la planète et de perturber la chaîne logistique mondiale. Fermeture des frontières, interruption de l’activité industrielle, baisse de la demande, stocks qui débordent… les nerfs de tous les professionnels de la logistique ont été mis à rude épreuve au cours des dernières semaines. Et la situation ne va pas se résorber aussi rapidement qu’elle est apparue. 

Pour faire face à cette situation, le monde de la supply chain n’a pas eu d’autres choix que de devoir s’adapter dans un laps de temps très court pour gérer le présent, et tenter d’anticiper le futur.

Les entreprises de la supply chain obligées de se réorganiser

Passé le premier choc, il a fallu réagir vite pour les professionnels de l’approvisionnement et de la logistique. Pour cela, la plupart des entreprises ont mis en place des bonnes pratiques :

  • Télétravail pour les collaborateurs habituellement présents dans les bureaux et les sièges.
  • Sessions de formation et de sensibilisation à distance pour prévenir la progression de la pandémie et faire respecter les gestes barrières.
  • Restriction des amplitudes horaires pour les salariés travaillant dans les entrepôts.
  • Division des équipes en groupes qui ne se croisent pas pour isoler les éventuels cas de contamination.
  • Port du masque obligatoire et utilisation extensive de gel hydroalcoolique.
  • Livraison sans contacts physiques des marchandises et des colis.

Les imprévus font pourtant partie du quotidien des professionnels de la logistique. Tremblement de terre, canicule, attentat, grève… ce sont des situations qui ont été anticipées. Mais ce sont des situations qui sont circonscrites dans un espace réduit. Or la pandémie a rebattu toutes les cartes, car elle touche tout le monde et à tous les niveaux. 

Une recherche d'agilité permanente

Les entreprises qui s’en sortent le mieux sont celles qui ont effectué tôt leur mue digitale. Plus les données sont disponibles, partagées et accessibles, plus elles peuvent être utilisées pour renforcer la résilience des chaînes d’approvisionnement. Une transformation digitale qui assure un maximum de visibilité, que ce soit sur les véhicules déployés, les livreurs sur la route, les marchandises dans les avions ou bateaux, les stocks dans les entrepôts, etc. 

Avec la pandémie, il faut savoir réagir et pivoter très vite. Cela signifie trouver des solutions alternatives pour relancer ses opérations qui peuvent être dispersées dans le monde entier. Or, pour y parvenir, il est essentiel d’avoir un maximum de visibilité grâce à une gestion des données optimales. Un travail qui nécessite de repenser tous les processus à partir de zéro pour les entreprises les moins avancées. Finalement, cette situation aura au moins le mérite d’accélérer la transformation digitale de la supply chain.

Les défis du futur

Quel futur pour la supply chain dans un monde post-covid ? C’est une question difficile et cruciale, car tout semble indiquer que nous allons devoir vivre avec le virus pendant de long mois, voire quelques années pour les plus pessimistes. Sans compter qu’une nouvelle pandémie n’est pas impossible dans les années à venir. Les défis du futur résident surtout dans une organisation logistique plus distribuée avec une logique de multipolarité. Cela signifie ne plus dépendre d’un fournisseur, d’un pays ou d’une région, mais également tenter de se rapprocher du lieu de production ou du lieu de vente.

Car l’optimisation de la supply chain ne peut être efficace que si elle intègre vraiment une dimension écologique. La gestion de l’empreinte carbone est d’ailleurs compatible avec une digitalisation des processus pour une gestion plus équilibrée, permettant de regrouper dans une même zone de consommation les unités d’approvisionnement, de production et de logistique.

En parallèle, les entreprises doivent collaborer pour partager leurs données. L’émergence de plateformes ouvertes de données logistiques fait partie des recommandations de Capgemini afin d’envisager des gains majeurs pour l’ensemble de l’économie. Les flux de marchandises aux frontières et dans les hubs multimodaux seront facilités, la maintenance préventive des infrastructures plus efficace et l’empreinte carbone du secteur drastiquement optimisée.

L’adaptabilité de la supply chain est un sujet clé dans notre monde. Une étude de la Bank of America portant sur 3000 entreprises et parue juste avant la diffusion massive du virus Sars-Cov-2 imaginait un phénomène de relocalisation important. C’est le signe d’un renversement de situation – ou tout du moins d’état d’esprit – alors qu’on a toujours pensé que  les sites de fabrication implantés des marchés émergents ne reviendraient jamais. Une manière d’être plus proche des consommateurs et de pouvoir se réorienter vers des alliés stratégiques en cas de nouvelles crises majeures.