COVID-19 : tout savoir sur la vaccination dans les EHPAD

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Après une année 2020 chaotique, l’espoir est finalement arrivé à la fin du dernier trimestre avec les bonnes nouvelles concernant la vaccination. En France, c’est le 26 décembre 2020 que la première personne a été vaccinée. Dès lors, les pouvoirs publics ont établi un calendrier et organisé la vaccination selon les publics prioritaires afin d’organiser au mieux la distribution et l’injection des vaccins. Parmi les premiers concernés, on retrouve les personnes âgées en EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes) ou en unité de soin de longue durée. Il s’agit d’un public fragile et surreprésenté dans la mortalité liée à la COVID-19. Si les clusters de la maladie qui ont émergé au sein des établissements ont été très préoccupants en 2020, la situation s’est, heureusement, grandement améliorée aujourd’hui. Mais il ne faut pas baisser la garde pour autant.

Une mortalité en baisse dans les EHPAD

Deux mois après les premières doses de vaccins, les soignants et les professionnels de la santé publique peuvent commencer à souffler.  En effet, après plusieurs mois de hausse, on assiste enfin à une baisse de la mortalité dans les EHPAD, ce qui correspond au développement de la couverture vaccinale en France. Aujourd’hui, 82% des patients et résidents ont reçu une première injection selon Santé publique France. Une très large proportion qui implique donc une amélioration des indicateurs épidémiologiques. Pour les personnes ayant reçu la seconde injection, le ratio est de l’ordre de 60%. Pour les pouvoirs publics, le succès de la campagne vaccinale dans les EHPAD fait que la majorité des résidents de ces établissements est désormais considérée comme immunisée contre les formes graves de la COVID-19.

Il faut dire que la situation ne pouvait que s’améliorer compte tenu des dégâts causés par le Sars-Cov-2. Près de 35 000 patients et résidents des EHPAD sont décédés à cause de la COVID-19, que ce soit à l’hôpital ou au sein de leur établissement. Un taux qui représente 41 % du total des personnes décédées des suites de la maladie.

Les variants : une équation à plusieurs inconnues

Si les raisons de se réjouir existent, le combat contre la COVID-19 n’est pourtant pas gagné. Non seulement la France n’est guère en avance dans le déploiement de la vaccination par rapport aux autres pays développés, mais aussi parce que les établissements accueillant des personnes fragiles, âgées, dépendantes ou handicapées restent des lieux à risques. Et ce, pour plusieurs raisons :

  • Pour que les vaccins soient réellement efficaces, il faut attendre 2 à 3 semaines après l’injection de la seconde dose. Au total, entre la première dose et la protection totale, il peut donc s’écouler un à deux mois. Sans compter que le retard dans la chaîne logistique du vaccin peut venir ralentir l’immunisation de masse souhaitée.
  • La couverture vaccinale du personnel soignant, accompagnant et administratif joue un rôle très important, car ils peuvent être des transmetteurs de la maladie. Or, aujourd’hui, ce taux est de moins de la moitié du personnel travaillant dans les établissements, et cela ne concerne que la première dose de vaccin.
  • L’accélération de la diffusion des variants, qui sont plus contagieux et plus susceptibles de conduire à des formes graves de la maladie – notamment parmi des populations déjà fragilisées – soulève des questions concernant la capacité des vaccins à protéger les patients et résidents contre ces nouvelles formes. Si les études semblent rassurantes, la surveillance accrue des variants est hautement stratégique.
  • Enfin, début avril, plusieurs clusters ont été identifiés dans le Bas-Rhin et dans les Landes, dans des EHPAD où des personnes vaccinées (dont certaines avec deux doses reçues) ont été contaminées par le virus. L’origine de la contamination semble être liée à un visiteur extérieur non vacciné.

Face à ces multiples inconnues et à la pression constante des variants, il est indispensable de rappeler que la vaccination protège des formes sévères et graves de la maladie, mais n’empêche pas forcément de la développer la maladie sous une forme asymptomatique. On peut donc être vacciné et transmettre le virus, même si la charge virale est fortement réduite en raison de la vaccination.

Les EHPAD constituent un lieu hautement stratégique pour limiter les contaminations. En faisant le choix de privilégier sa population fragile, la France s’est alignée sur la plupart des pays occidentaux. Pour autant, la question de la distribution et l’organisation des campagnes de vaccination restent cruciales. Si la situation devrait s’améliorer lentement, cela prendra encore de très longs mois avant que le pays ne soit totalement immunisé (sans parler des vaccins pour enfants qui ne sont toujours pas disponibles). Ce n’est donc pas tout de suite que nous allons pouvoir nous passer des masques, de la distanciation physique et des gestes barrières au quotidien.