Intelligence artificielle : Nvidia lève le voile sur Grace, son premier processeur ARM surpuissant

CMS header image

Ce n’est un secret pour personne : aussi prometteuse que puisse être l’intelligence artificielle (IA), elle est surtout extrêmement gourmande en termes de ressources et de puissance de calcul. Or, la plupart des usages liés à l’IA ne se déroulent pas sur les terminaux des utilisateurs (smartphone, tablette ou ordinateur). C’est sur les serveurs informatiques qui hébergent les données que le combat se joue. Dans les coulisses se dessine donc une guerre entre les grands fournisseurs de processeurs. Récemment, Nvidia a poussé Intel et AMD dans les cordes en annonçant la sortie prochaine d’une nouvelle puce surpuissante spécialement taillée pour les data centers et faite pour l’intelligence artificielle.

Nvidia Grace : la puce IA surpuissante nouvelle génération

C’est lors de la conférence virtuelle GTC 2021, l’événement incontournable pour les professionnels de l’intelligence artificielle, que Jensen Huang, le PDG de Nvidia a annoncé la grande nouvelle. Baptisée « Grace ​» en l’honneur de Grace Hopper, la pionnière de la programmation informatique, cette puce utilise une architecture ARM et sera lancée début 2023. 

Grace a été spécialement conçue pour répondre aux exigences des algorithmes d’intelligence artificielle, qui sont de plus en plus lourds dans les centres de données. Calculs accélérés, applications dans les services de santé, dans la mise en réseau intelligente, dans le développement de jeux vidéo ou encore en lien avec la mobilité autonome, l’intelligence artificielle se développe dans de très nombreux secteurs. « C’est un processeur conçu pour un usage bien précis », comme le confirmait Paresh Kharya, directeur senior au sein Nvidia. Avec Grace, Nvidia prend ainsi de l’avance et annonce des résultats étant jusqu’à dix fois supérieurs par rapport aux performances des serveurs actuels les plus performants dans ce domaine. 

Cette nouvelle puce a donc pour ambition d’améliorer l’exécution des algorithmes de langage naturel, les systèmes de recommandations intelligents et de nourrir les supercalculateurs d’IA. Autant de machines qui nécessitent des puissances de calcul toujours plus importantes.

Des clients déjà sur les rangs

À peine annoncée, et déjà vendue ! Deux organisations se sont montrées particulièrement intéressées par le développement de Grace. La première est le CSCS, le Centre national suisse de calcul scientifique. La nouvelle puce de Nvidia sera au cœur d’un nouveau supercalculateur consacré spécifiquement à l’intelligence artificielle. Il sera capable de produire 20 Exaflops de calculs IA, ce qui lui permettra d’entraîner des modèles GPT-3 en deux ou trois jours, là où il faut actuellement plusieurs mois.

Pour arriver à de telles performances, le CSCS comptera également sur « un GPU Nvidia qui n’a pas encore été annoncé » selon Paresh Kharya.

Le laboratoire national de Los Alamos aux États-Unis a aussi répondu présent. Dépendant du département américain de l’énergie et géré par l’université de Californie, son directeur confirme qu’avec « un équilibre innovant entre la bande passante et la capacité de la mémoire, ce système de nouvelle génération façonnera la stratégie informatique de notre institution. Grace permettra de fournir des recherches scientifiques avancées à l’aide de simulations et d’analyses 3D haute fidélité avec des ensembles de données plus volumineux qu’auparavant

Dans le monde de la recherche scientifique, Grace va aussi faire bouger les lignes avec un CPU pensé pour répondre aux besoins du marché actuels et futurs. Il faut dire que les enjeux sont importants puisqu’il s’agit de réussir à faire tourner des modèles de plus en plus gros et basés sur des quantités astronomiques de données.

Une technologie en perpétuelle évolution

Pour parvenir à la création de Grace, les ingénieurs de Nvidia se sont appuyés sur la technologie NVLink pour arriver à une bande passante de 900 Go/s entre le CPU et le GPU. Une méthode qui offre un débit 14 fois plus rapide que ce qui existe aujourd’hui.

Évidemment, cette innovation concerne surtout les professionnels et les spécialistes de l’intelligence artificielle. Elle sera ainsi capable de gérer des charges de travail telles que la formation de modèles NLP de nouvelle génération qui dépendent de plusieurs centaines de milliards de paramètres.

Avec cette annonce, Nvidia a marqué les esprits. S’il ne reste plus qu’à attendre début 2023 pour pouvoir en profiter, cette nouvelle puce attire aussi les convoitises et pourrait relancer ses concurrents dans la course. De quoi redonner de la puissance pour de nouveaux usages autour de l’intelligence artificielle qui reste, plus que jamais, le nouvel or noir d’une économie digitalisée en complète mutation.