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Le grand froid et les besoins d’hébergement : comment faire face à l’urgence

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Du 1er novembre au 31 mars. C’est, tous les ans, la période pendant laquelle les services de l’État se mobilisent pour renforcer le dispositif de protection des personnes sans-abri. Cette période hivernale – en particulier en cas de grand froid – peut être très difficile à vivre pour des personnes précaires vivant déjà dans des situations difficiles le reste de l’année. Pire : ce sont aussi des situations qui sont vécues par des enfants. On estime ainsi que près de 500 enfants dorment dans les rues de Paris tous les soirs selon les associations en charge de gérer ces situations complexes. Dans les grandes villes où la situation immobilière est tendue, et les loyers très élevés, trouver un logement est parfois une mission quasiment impossible. L’État doit donc mobiliser tous ses services pour faire face à l’urgence. Un travail qui concerne de près les travailleurs du secteur médical et social.

Identifier les personnes en détresse sociale

Venir en aide aux personnes qui en ont le plus besoin nécessite de s’appuyer sur un diagnostic clair afin de savoir combien de personnes sont concernées, qui sont-elles et où se trouvent-elles. Pour cela, les services de l’État s’appuient sur trois dispositifs : les maraudes (c’est-à-dire l’envoi d’équipes sur le terrain pour repérer les situations de détresse sociale), les appels au 115 (pour signaler une situation urgente de détresse), et les accueils de jour (des lieux de première prise en charge des personnes les plus démunies).

En région parisienne, pour parvenir à gérer des solutions d’hébergement limitées, identifier les personnes dans le besoin et mieux coordonner l’action locale, l’État attribue des moyens supplémentaires aux équipes de maraudes conduites par les associations partenaires comme la Croix-Rouge, l’Ordre de Malte, Emmaüs, l’association Groupe SOS Solidarités, et les Enfants du Canal, ainsi qu’aux écoutants de la plateforme téléphonique du 115.

Toutefois, pendant la période hivernale, ces dispositifs ne sont pas toujours suffisants. Ainsi, à la fin du mois d’octobre, Julien Denormandie, le ministre du Logement, a annoncé qu’en plus des 146 000 places d’hébergement d’urgence ouvertes toute l’année, jusqu’à 14 000 places seront mobilisables sur cette période hivernale, dont 7 000 en Île-de-France. 

En première ligne sur le terrain, les travailleurs sociaux font face à des situations de vie difficiles. Leur formation et leur expérience professionnelle les conduisent ainsi à aider ces personnes avec un grand professionnalisme.

Le déclenchement du plan Grand froid

Critiqué par certaines associations qui soulignent les limites de la politique du baromètre, le principe du plan Grand froid consiste à débloquer des moyens supplémentaires lorsque les conditions climatiques deviennent trop dangereuses pour les personnes précaires – qu’elles vivent dans la rue, dans des foyers ou dans des habitations insalubres. Le plan Grand froid est activé lorsqu’un épisode de froid persistant, intense et étendu dure au moins deux jours, avec des températures nettement inférieures aux normales saisonnières de la région concernée.

Météo France informe la préfecture de la région chaque jour des températures à venir. Le plan Grand froid peut ainsi être déclenché deux jours avant la vague de froid afin d’organiser la coordination locale. Le préfet peut alors ouvrir des places d’hébergement d’urgence supplémentaires. 

Des solutions politiques et sociales qui viennent de tous

L’État est généralement celui qui tente d’organiser au mieux la gestion des besoins d’hébergement selon les aléas de la météo. Mais les solutions ne sont pas que politiques. Elles se trouvent aussi au niveau des territoires concernés, grâce au travail des associations, des travailleurs sociaux, des centres d’urgences et des bénévoles.

Une mobilisation qui concerne aussi les entreprises et les grandes organisations. C’est ainsi que le recours à l’habitat intercalaire se développe. Il s’agit de l’occupation temporaire de bâtiments partiellement ou entièrement inoccupés pour diverses raisons. Ce sont des immeubles en attente de démolition, en cours de réhabilitation ou de reconversion, etc. C’est une strate supplémentaire qui permet d’accroître le nombre de places d’hébergement d’urgence. L’Insee a, par exemple, mis à disposition son bâtiment, situé à Malakoff, pour y héberger 150 personnes en familles et 40 hommes isolés. En Seine-Saint-Denis, le bailleur social ICF-Habitat a ouvert une soixantaine de places d’hébergement pour des familles et des femmes enceintes dans des bâtiments qui étaient en attente d’une démolition dans le cadre d’une opération de renouvellement urbain. 

Dans les territoires où la pression foncière est forte, la mobilisation de toutes les parties prenantes – économiques, politiques et associatives – constitue une démarche forte pour répondre à des enjeux de société qui ne doivent laisser personne indifférent. Des situations que connaissent bien les travailleurs sociaux, responsables d’hébergement d’urgence et personnels médicaux qui s’engagent pour apporter leur pierre à l’édifice et aider celles et ceux qui se présentent à eux.