Quelles sont les étapes d'un projet de smart city

Plus respectueuse de l’environnement, plus connectée et plus inclusive, la smart city fait parler d’elle. Toutefois, il peut être difficile de donner une définition qui soit réellement exhaustive, car tout dépend des projets, des objectifs et de la vision de l’organisme qui la pilote. Pour certaines collectivités, ajouter des hotspots wi-fi suffit pour transformer une ville en smart city. Pour d’autres, cela passe nécessairement par la construction d’un nouvel écoquartier avec gestion automatisée, capteurs intelligents et connectivité accrue. Entre les deux, il existe de nombreuses nuances.

En revanche, quels que soient l’ambition et le périmètre d’un projet de smart city, il passe nécessairement par des étapes clés pour en garantir la réussite et la pérennité. Parce qu’il touche directement la vie quotidienne des habitants et impacte de nombreux acteurs, on ne gère pas un projet de smart city comme un autre.

Première étape : savoir d’où partir et identifier vos objectifs

Avant de se lancer dans un projet, il est essentiel d’avoir un plan précis en tête. Pour y parvenir, un audit complet de la situation existante permet de clarifier le projet, de hiérarchiser les priorités et de structurer la démarche de planification. Cette étude peut toucher un ou plusieurs domaines : gestion du trafic, de la qualité de l’air, mesure des flux, connectivité, transports en commun, gestion des déchets… il existe des dizaines de leviers activables dans un projet de smart city.

Développer une compréhension claire et objective de l’existant, tout en identifiant les acteurs clés, les parties prenantes et les enjeux importants (comme d’éventuels renouvellements des mandats électifs par exemple) conduit à une approche raisonnée et cohérente.

Pour devenir une smart city, une collectivité doit être prête à accepter cette bascule. Un travail qui passe également par de nombreuses réunions, formations et explications avec les décideurs politiques et économiques du territoire. Un travail réalisé par la ville de Vienne, en Autriche qui a identifié trois objectifs clés à réaliser d’ici 2050 : la préservation des ressources, le développement et l’utilisation productive des nouvelles technologies innovantes, et un niveau de qualité de vie élevé et équilibré socialement pour sa population.

Deuxième étape : définir un ensemble de projets et évaluer leur potentiel

À partir de l’étude précédente qui offre une photographie de l’existant, c’est le temps de définir les projets potentiels selon des objectifs stratégiques. La collectivité peut accentuer des initiatives en lien avec la protection de l’environnement, le vivre ensemble ou le développement économique selon ses engagements électoraux.

À partir de ces orientations, un groupe d’études peut alors définir des projets phares pour transformer un territoire ou une ville en smart city, et en mesurer le potentiel et la faisabilité opérationnelle. Coût, investissement matériel, calendrier, impact concret, mesures de réussite… autant de critères à prendre en compte dans l’évaluation des facteurs de réussite.

Prenons l’exemple de Singapour : un territoire géographiquement restreint et une population en augmentation constante. Un paradigme conduisant à des problèmes de mobilité et de développement. En priorisant ce projet, la ville a utilisé le big data pour améliorer les déplacements en bus et diminuer les temps d’attente moyens.

Troisième étape : transformer un projet en mise en œuvre opérationnelle réaliste

Certains projets de smart city peuvent être opérationnels en six mois. D’autres prendront vingt ans à aboutir. La mesure de l’impact de chaque projet est donc essentielle pour en définir la faisabilité. Un travail qui passe par différentes étapes :

  • Évaluation de la technologie et des infrastructures : est-ce que la technologie est disponible ? À quel coût ? Sinon à quel horizon le sera-t-elle ? Quels en sont les impacts sur l’infrastructure existante ?
  • Plan d’action sur les moyens à engager : quel est l’engagement financier nécessaire ? Qui sont les financeurs ? Comment se répartissent les engagements des acteurs impliqués ?
  • Validation du cadre politique et réglementaire : par qui le projet est-il soutenu ? Pouvoirs publics, groupes privés, associations de citoyens ? Quelles sont les résistances identifiées ? Quelles sont les réglementations qui s’appliquent ? Si elles n’existent pas encore, quels sont les risques que de futures législations freinent ou stoppent le projet ?
  • Gestion de l’exécution : quelle structure est responsable du projet ? Comment les collectivités concernées sont impliquées dans la gouvernance du projet ? Est-ce que les rôles sont clairement définis et nécessaires ? Est-ce que toutes les compétences sont bien présentes pour prendre les bonnes décisions au bon moment ?
  • Formation et accompagnement du changement : qui assure la communication du projet auprès des utilisateurs (citoyens, employés, décideurs et influenceurs) ? Qui sont les parties prenantes engagées de façon formelle ou informelle ? Quelles sont les actions entreprises pour accompagner le changement qui découlera du projet ?

Dans un récent article du Monde, le journal évoquait les nouveaux défis auxquels sont confrontés les projets de smart city. Parmi ceux-ci, le manque de coordination et de plan directeur global a conduit à une superposition d’acteurs publics et privés sans réelle concertation. Avec, pour certains projets, des risques d’uberisation causés par des groupes privés agiles et rapides souhaitant disrupter certains pans de la smart city. Des problématiques organisationnelles et sociétales à garder en tête dans tout projet lié à la ville intelligente.

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