Quels sont les grands défis rencontrés par les smart cities ?

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Les smart cities incarnent le futur. Pourtant, nulle science-fiction dans ces projets. En fait, une smart city n’est pas forcément très différente de la ville que l’on connaît déjà, du moins en apparence. Car, ce qui rend une ville ou un quartier intelligent, c’est ce qui se passe dans les coulisses. En collectant, organisant, stockant et exploitant des millions de données, la smart city peut transformer le quotidien de ses habitants et aider les décisionnaires publics à prendre les bonnes décisions au bon moment pour des projets plus connectés, plus inclusifs, plus écologiques et en phase avec les attentes de notre société. Pourtant, construire ou développer une smart city n’est pas sans risques ni sans défis. Illustrations.

Une infrastructure à repenser

Pour collecter des données, il est nécessaire d’intégrer des capteurs afin de recueillir et d’analyser des informations dans le but d’améliorer la qualité de vie des habitants. On peut ainsi agréger des données sur tous les sujets, de la circulation automobile au taux de criminalité en passant par la qualité de l’air, la gestion des déchets ou de l’utilisation des habitations et des immeubles de bureaux (chauffage, climatisation, stationnement, ascenseurs, etc.).

Si certains de ces capteurs peuvent s’installer facilement, pour d’autres, la question de leur alimentation électronique et de la connectivité au réseau sont des questions centrales. Nécessitent-ils des infrastructures complexes et coûteuses ? Comment seront-ils alimentés ? Cela implique-t-il un câblage particulier ou un fonctionnement sur batterie ? Que se passe-t-il en cas de panne de courant ? Pour se lancer dans la création d’une smart city, il faut déjà que les grandes zones métropolitaines relèvent le défi de remplacer des infrastructures vieilles de plusieurs décennies, telles que les câblages souterrains, les conduites d’eau, les ponts et tunnels, ou encore une connectivité internet à haut débit. Intégrer en plus une gestion des capteurs ajoute un défi supplémentaire.

Repenser cette infrastructure est un défi quotidien en raison d’un financement limité et de processus administratifs qui peuvent prendre des années. Pour les nouvelles constructions, les professionnels de la planification urbaine doivent anticiper ces besoins en les intégrant dès les premières étapes du développement. En commençant par la fin – c’est-à-dire par la mise en œuvre complète de la solution – on peut accélérer le processus visant à rendre nos villes plus intelligentes plus facilement. 

Une cybersécurité à ne pas sous-estimer

S’il y a données, il y a risques de piratage. Or, si les questions de sécurité informatique sont déjà cruciales au niveau de nos ordinateurs, tablettes et téléphones, la sphère de l’IoT (internet des objets) sera la plus concernée dans les années à venir. La technologie est-elle vraiment considérée comme intelligente si des pirates peuvent s’introduire dans un système et prendre le contrôle d’une ville entière ?

Les smart cities doivent absolument investir dans la protection des données personnelles et la sécurisation des données qui transitent par elles. Le problème, c’est qu’un élu local, un expert en urbanisme ou un promoteur immobilier ne sont pas des connaisseurs avertis de ces sujets éminemment techniques. Il est donc compréhensible qu’ils considèrent ce sujet comme acquis sans souhaiter aller plus loin dans la démarche. C’est pourquoi il est indispensable de se faire bien entourer, et en particulier par des experts en cybersécurité afin d’éviter tout risque d’intrusion, de vol ou de piratage de données numériques, ou savoir réagir pour contenir la menace le cas échéant. 

En novembre 2016, des pirates ont réussi à chiffrer le système de distribution des tickets du métro de la ville de San Francisco, et exigeaient le paiement d’une rançon. La ville n’a pas cédé, car la société de transport disposait de sauvegardes et d’un dispositif de secours adapté. Un exemple simple qui démontre combien une bonne organisation interne et la mise en place de procédures particulières peuvent résoudre ce type de problème. 

Protéger la vie privée des habitants

Pour les smart cities, l’équilibre entre qualité de vie et atteinte à la vie privée est un exercice difficile. Car derrière une collecte de données utile pour la collectivité se cache aussi une peur d’être constamment surveillé à la façon « Big Brother ». En Europe, le RGPD est le texte le plus restrictif et le plus protecteur dans le monde. Pour autant, encore faut-il que les entreprises l’appliquent. 

Les promoteurs des smart cities doivent comprendre l’importance de la technologie, de l’identification des types et des sources de données utilisées, et de déterminer ce qui en sera fait. Pour cela, il faut gagner la confiance des habitants et de toutes les parties prenantes du projet afin qu’ils soient impliqués dans son déploiement. Lorsqu’une communauté a le sentiment de jouer un rôle dans les décisions générales qui affectent la vie quotidienne, et qu’elle est informée de manière claire et réfléchie, elle est plus apte à utiliser la technologie et à encourager les autres à l’utiliser également. C’est la clé du succès d’une ville intelligente.

Les smart cities représentent un espoir dans la manière de repenser nos villes et nos espaces urbains. Mais ce sont des projets qui doivent être parfaitement cadrés et encadrés, tant les impacts sont nombreux. Connaître et anticiper ces défis est une première étape pour mieux gérer un projet de smart city, et ainsi proposer une ville connectée et intelligente qui soit aussi protectrice, respectueuse et inclusive.