Réforme sur l’apprentissage : l’aide exceptionnelle étendue au niveau bac+5

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Soutenir l’économie est une priorité du gouvernement après un confinement de 3 mois causé par la pandémie de covid-19 qui a laissé des traces profondes dans les trésoreries de toutes les entreprises. Une des solutions consiste à renforcer le lien entre enseignement supérieur et monde économique par des incitatifs financiers destinés à accélérer le recrutement d’apprentis. Or, si l’idée est globalement bien accueillie, sa mise en œuvre et les annonces qui y sont liées ont été chaotiques. Retour sur cet épisode en deux temps avec (spoiler alert) un happy ending pour tous les étudiants, quels que soient leurs niveaux de qualification et d’études.

Première annonce : une aide limitée du CAP au bac+3

C’est le 4 juin dernier que le ministère du Travail avait annoncé la mise en place d’une aide exceptionnelle destinée aux entreprises souhaitant recruter des apprentis entre le 1er juillet 2020 et le 28 février 2021. Dans le cadre du plan de relance baptisé #1jeune1solution, cette aide vise alors à favoriser la signature de nouveaux contrats d’apprentissage en cette période post-confinement alors que la relance de l’activité économique est au cœur de toutes les préoccupations. Ce financement d’un montant de 5 000 euros pour les apprentis mineurs et de 8 000 euros pour les apprentis majeurs pourrait faciliter le recrutement d’apprentis, puisque Muriel Pénicaud avait confirmé que « le coût d’un apprenti sera quasi nul la première année pour toutes les embauches sur cette période ». Or, dans sa première version, cette aide ne s’appliquait qu’aux contrats de niveau CAP à la licence professionnelle (bac+3).

Dès le lendemain de l’annonce, de nombreux acteurs de l’enseignement supérieur et du monde professionnel se sont mobilisés, dont la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs, la conférence des présidents d’université, la conférence des grandes écoles, l’association nationale pour l’apprentissage dans l’enseignement supérieur, la fédération Syntec et l’association nationale des apprentis de France. En excluant les étudiants de niveau bac+4 et bac+5 de ce plan de relance, le risque est grand de créer une « rupture d’égalité entre les étudiants  ​» tout en redoutant un effet d’éviction des apprentis de niveau master ou diplômes équivalents. 

Il faut, en effet, souligner que pour les étudiants de l’enseignement supérieur – y compris au niveau bac+4 et bac+5, un contrat d’apprentissage constitue un moyen parfois indispensable de financer ses études. Sans compter qu’il représente aussi un accélérateur d’intégration professionnelle.

Deuxième annonce : une aide étendue au bac +5

Après plusieurs semaines de tergiversations, de négociations et de lobbying, la cause des étudiants de niveau bac+4 et bac+5 a enfin été entendue. C’est le 23 juillet que le Sénat a finalement adopté un texte approuvant l’élargissement de l’aide à l’embauche de 8 000 euros aux apprentis de niveau master, ce qui constitue une excellente nouvelle pour les étudiants de second cycle. Ces derniers pourront ainsi trouver plus facilement une entreprise pour les accueillir et ainsi faciliter leur intégration professionnelle tout en terminant leur formation académique.

Ainsi, cette aide exceptionnelle sera versée pour les contrats signés entre le 1er juillet 2020 et le 28 février 2021 pour les entreprises de moins de 250 salariés, et pour celles de plus 250 salariés à la condition qu’elles s’engagent à atteindre le seuil de contrats d’apprentissage ou de contrats de professionnalisation dans leur effectif en 2021, selon des modalités définies par décret. Avec cette mesure, le coût du recrutement d’un salarié en contrat d’apprentissage représente un faible reste à charge : l’aide couvre 100 % du salaire de l’apprenti de moins de 21 ans et 80 % du salaire d’un apprenti de 21 à 25 ans révolus. 

Avec cette aide, l’apprentissage constitue plus que jamais une valeur sûre. Éprouvées par la crise sanitaire, les entreprises pourront bénéficier de cette aide afin d’accélérer les recrutements d’apprentis dans un cadre financier sécurisé avec un minimum d’incertitudes. Une démarche parfaite pour profiter des talents de la nouvelle génération pour se relancer, s’adapter et développer une nouvelle approche et une nouvelle offre dans un monde post-confinement empreint de doutes, mais aussi d’opportunités nouvelles. 

Ce plan de relance du gouvernement est un signal important. De quoi faire de l’apprentissage un levier de la reprise économique qui profite à la fois aux entreprises et aux étudiants, qui trouveront en entreprise l’environnement parfait pour financer leurs études tout en développant leurs compétences professionnelles pour mieux s’intégrer sur le marché du travail.