Quel urbanisme pour les villes du futur ?

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D’ici 2050, la population mondiale devrait atteindre 9,8 milliards d’habitants. Près de 70 % de cette population habitera dans une zone urbaine. Une évolution qui n’est pas sans impact sur la manière dont nous devons imaginer la ville de demain. Pour y parvenir, les professionnels de l’urbanisme ne doivent pas que gérer l’existant. Ils doivent aussi se projeter avec des approches prospectives où utopies et réalités peuvent parfois se rejoindre. La ville du futur se doit d’être plus inclusive, plus connectée et plus respectueuse de l’environnement. Trois piliers qui pourront accompagner la croissance urbaine pour des espaces nouveaux où il fait bon vivre.

Des villes plus inclusives

La ville du futur doit mieux prendre en considération les besoins individuels pour favoriser le sentiment d’appartenance et l’égalité sociale. Cela signifie des quartiers conçus pour répondre à la plupart des besoins quotidiens dans un rayon de 10 minutes de marche ou de vélo, des logements variés accessibles à différents niveaux de revenus, différentes catégories socioprofessionnelles et différentes classes d’âge afin d’éviter ou de limiter toute ségrégation spatiale. Ces changements concernent également les personnes à mobilité réduite qui doivent avoir facilement accès à tous les bâtiments (habitations, entreprises, commerces, lieux de vie, etc.).

Alors que nous vivons plus vieux, la question de la dépendance fait partie des sujets importants en matière d’inclusivité : non seulement les personnes âgées doivent pouvoir se déplacer facilement dans toute la ville, mais également être en mesure d’avoir un accès aux transports en commun et à tous les services dont elles ont besoin. Le besoin de logements intergénérationnels pourrait être une solution alternative aux maisons de retraite avec des habitations accueillant des personnes de tous âges dans un même bâtiment.

Des villes plus connectées

Impossible d’imaginer le futur des villes sans technologie, car elle sera partout. C’est même l’un des fondamentaux de la smart city : collecter des données pour les analyser et être en mesure de prendre les bonnes décisions au bon moment. Une ville plus connectée signifie une ville plus évolutive et capable de s’adapter en temps réel aux flux de circulation (gestion des transports en commun, des feux de circulation, des livraisons, des véhicules autonomes, etc.), mais également afin de mieux gérer les cycles de vie des grandes infrastructures. C’est le cas des immeubles, des ponts, des tunnels, des gares, des égouts, des réseaux de communication, etc. Avec un système de maintenance préventive basé sur des données collectées par des capteurs, on sera en mesure d’identifier les risques et d’intervenir de manière très spécifique sur une panne par exemple.

La connectivité d’une ville passe aussi par ses transports en commun : bus, métro, train, navette fluviale, et même drones et taxis volants. Les temps de trajet seront améliorés et optimisés grâce à la création de hubs répartis au cœur des villes, qui constitueront des poumons économiques pour de nombreuses entreprises. Les bâtiments utilisés seront modulaires et flexibles afin de pouvoir s’adapter rapidement à tous les besoins, quelles qu’en soient les contraintes et les utilisations. Une bonne pratique pour limiter l’étalement urbain qui complexifie la vie d’une métropole ou d’une agglomération pour les élus et les personnes en charge de la planification urbaine.

Des villes plus respectueuses de l'environnement

En 2050, et au-delà, il ne faudra plus opposer campagne et ville. Les villes du futur pourraient être en mesure de produire des ressources qui seront utilisées localement. C’est notamment le cas grâce à des panneaux solaires et des jardins sur les toits qui encourageront l’énergie durable et l’agriculture à petite échelle. L’eau de pluie sera récupérée par des bioswales (jardins pluviaux absorbants) afin d’acheminer les eaux de ruissellement tout en éliminant les débris et la pollution pour la réutiliser dans les fermes et jardins urbains qui pourront prospérer plus facilement.

Une ville verte, c’est aussi une ville qui favorise la circulation naturelle de l’air dans les bâtiments tout en fournissant de l’ombre et des lieux de vie. La multiplication des jardins et des espaces verts avec des plantes, des fleurs et des plantations capables de s’adapter au climat local pourront créer davantage d’îlots de fraîcheur tout en redonnant à la nature ses droits au sein des villes. Le xéropaysagisme sera ainsi la norme dans toutes les régions souffrant de sécheresse. Enfin, l’agriculture souterraine deviendra une norme au sein des villes avec des fermes hydroponiques sans sol cultivant leurs produits sous des lumières LED, directement sous les maisons et les bureaux. Une lumière fournie, bien sûr, grâce à une production d’énergie renouvelable, avec des panneaux solaires, et éoliennes sans pales, plus légères et moins chères, installées sur les toits des bâtiments.

La ville du futur doit se planifier dès aujourd’hui. Car s’il est facile de créer une telle ville à partir de zéro, les principaux défis seront liés à la capacité d’adaptation des métropoles existantes. Un travail important qui concerne les élus, les associations locales, les habitants, les entreprises et toutes les organisations impliquées d’une manière ou d’une autre dans le développement urbain.