Vaccin, recherche et dépistage : tout savoir sur le Coronavirus Covid-19

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Partie de Chine à la fin de l’année 2019, la pandémie de covid-19 causée par le virus SARS-CoV-2 a conquis le monde entier, bouleversant sur son passage toutes nos habitudes et plongeant la plupart des pays dans une crise massive et sans précédent. En première ligne face à la maladie, les équipes médicales sont mobilisées pour soigner les malades, mais également pour prévenir la maladie. C’est donc l’occasion de faire un point sur les derniers développements liés à la recherche médicale.

L'immunité de groupe

Également appelée immunité grégaire, immunité collective ou en anglais herd immunity, c’est un concept qui a été popularisé suite aux déclarations du Premier ministre britannique Boris Johnson, avant qu’il n’ait lui-même contracté la maladie. L’immunité collective se caractérise par le fait que lorsqu’une partie suffisante de la population est résistante à un germe, sa propagation s’arrête naturellement parce que trop peu de personnes sont capables de le transmettre.

C’est, par exemple, ce qui s’est déjà produit avec le virus Zika en 2015. Une étude brésilienne a révélé que 63 % de la population de la ville balnéaire de Salvador, au nord-est du pays, avait déjà été exposée à Zika, brisant ainsi le cercle de l’épidémie. Le problème, c’est que le coronavirus Covid-19 n’est pas Zika et c’est un sujet qui fait débat au sein de la communauté scientifique, car les connaissances sur le virus ne sont pas encore suffisamment établies, en particulier sur tout ce qui concerne l’immunité. Est-ce qu’une personne guérie est immunisée ? Si oui, pour combien de temps ? Si non, combien de fois peut-elle attraper le virus ? Et avec quelles conséquences ? Sans compter que viser l’immunité de groupe impliquerait de laisser de nombreuses personnes tomber malades et générerait une augmentation soudaine du nombre de patients dans les hôpitaux.

Pour que l’immunité collective s’installe, il faut devenir résistant après avoir été infecté. C’est d’ailleurs le cas avec de nombreux germes, car le système immunitaire est chargé d’anticorps capables de vaincre la maladie. Mais rien ne dit que cela fonctionnerait avec le coronavirus covid-19. Pour atteindre cette immunité de groupe, il existe toutefois un autre moyen : le vaccin.

Pourquoi la mise au point d'un vaccin prend autant de temps ?

Fin avril, l’Organisation mondiale de la santé comptait 71 essais précliniques de vaccins contre la covid-19 et cinq essais en phase clinique. Si ces chiffres sont encourageants, ils ne doivent pas masquer la réalité : créer un vaccin prend du temps. Beaucoup de temps. On parle habituellement de plusieurs années. Aujourd’hui, la collaboration unique entre les instituts de recherche mondiaux et l’exceptionnelle mobilisation qui en résulte pourrait raccourcir ce processus. Néanmoins, il faut rester prudent. Le record de rapidité est actuellement détenu par le vaccin contre les oreillons, qui a mis quatre ans avant d’être délivré, dans les années 1960. Si les technologies actuelles n’ont rien à voir avec celles des années 60, rien ne dit que le vaccin contre la covid-19 sera prêt d’ici 12 à 18 mois comme on l’entend parfois dans la presse.

Pour comprendre le temps que prend la création d’un vaccin potentiel contre la covid-19, il faut comprendre quelles en sont les différentes étapes :

  • Déterminer le type de vaccin  à mettre au point : il existe différentes approches. Certains contiennent des versions très affaiblies du virus afin de déclencher une réponse immunitaire et d’autres permettent à l’organisme de produire des protéines renforçant les cellules afin de ne pas contracter le virus. 
  • Réalisation des premiers essais précliniques : c’est une phase qui commence dans les boîtes de pétri, puis sur des animaux. 
  • Essais cliniques limités : on teste le vaccin sur une population humaine réduite afin d’observer d’éventuels effets secondaires, et de rechercher le dosage idéal.
  • Essais cliniques de grande ampleur : le vaccin est testé sur une population plus grande afin d’affiner les recommandations et de vérifier son efficacité.
  • Autorisation de mise sur le marché : une fois les essais terminés, un dossier est envoyé à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé afin d’en obtenir l’homologation.
  • Commercialisation : le vaccin est vendu et peut être administré aux patients.

En parallèle de la recherche sur le vaccin, les scientifiques avancent sur la recherche de traitements pour guérir les personnes déjà infectées. Un travail qui s’accompagne aussi d’une stratégie massive de tests pour identifier les malades le plus tôt possible.

Le test sérologique, la solution absolue ?

Dans les journaux, on parle beaucoup des tests PCR pour vérifier la présence de virus via un prélèvement dans le nez ou dans la gorge. C’est un test qui répond à une question simple : êtes-vous actuellement infecté ? Néanmoins, ce test ne dit rien sur le fait d’avoir déjà contracté la maladie (parfois sans symptômes). 

C’est là où le test sérologique est intéressant. Il vérifie dans le sang des personnes s’il existe des traces montrant que le système immunitaire a été en contact avec le virus. Le test sérologique apporte de nombreuses questions aux réponses que l’on se pose  : quelle est l’étendue de la covid-19 ? Combien de personnes sont contaminées dans le savoir ? Quel est le taux de mortalité réel ? 

De nombreuses recherches sont en cours pour construire des tests qui soient efficaces. Mais le challenge est important. Ainsi, le Royaume-Uni prévoyait de produire des millions de kits de test à domicile avec un prélèvement de sang fait par une petite piqûre au doigt, mais ils se sont heurtés à des problèmes de précision.

La bataille contre la covid-19 ne fait que commencer. C’est un combat qui mobilise tous les plus grands chercheurs du monde et qui n’est pas sans conséquence sur les laboratoires et les instituts de recherche. Plus que jamais, les professionnels du secteur médical sont très impliqués, car chacun à un rôle à jouer dans ce dossier.